
Phobie sociale : comment s’en sortir et soigner l’anxiété sociale
Phobie sociale : comment s’en sortir ? La TCC dédiée à l’anxiété sociale marche le mieux. Lâche tes comportements de sécurité, monte une échelle d’exposition.
Pour sortir de la phobie sociale, le traitement le mieux validé est une thérapie cognitive et comportementale (TCC) conçue spécifiquement pour l’anxiété sociale. Elle t’apprend à tourner ton attention vers l’extérieur, à lâcher les « comportements de sécurité » qui entretiennent la peur et à tester tes prédictions dans de vraies situations. Un ISRS est une autre option. Tu peux commencer seul dès ce soir avec une petite échelle d’exposition.
L’essentiel
- L’anxiété sociale, aussi appelée phobie sociale, se soigne très bien. Les recommandations britanniques proposent en première intention une TCC individuelle conçue pour l’anxiété sociale, en général jusqu’à 14 séances sur environ quatre mois. En France, la HAS parle de 12 à 25 séances de TCC.
- Trois habitudes l’entretiennent : t’observer toi-même au lieu de suivre la conversation, les comportements de sécurité comme répéter tes phrases ou éviter le regard, et rejouer la scène après coup.
- On s’en sort en faisant les choses redoutées par petites étapes, sans les comportements de sécurité, et en comparant ce qui s’est vraiment passé avec ce que tu avais prédit.
- Une auto-assistance basée sur la TCC vaut mieux que d’attendre. Les ISRS, comme l’escitalopram ou la sertraline, sont une option à discuter avec un médecin.
Phobie sociale ou simple timidité : comment faire la différence ?
La phobie sociale va au-delà de la timidité : c’est une peur persistante d’être jugé ou de se sentir humilié, qui pousse à éviter des situations et gêne le travail, les études ou les relations. Le NHS la décrit comme une peur qui ne passe pas et qui pèse sur les activités quotidiennes, la confiance en soi et les relations.
La timidité s’estompe en général une fois que tu es à l’aise. L’anxiété sociale, souvent pas : tu peux redouter un appel téléphonique pendant des jours ou quitter une soirée en avance, persuadé que tout le monde t’a vu rougir. Psycom décrit une anxiété particulièrement intense pendant plusieurs mois, avec transpiration, rougissement, tremblements et peur d’être jugé négativement. Le NIMH note que la peur paraît souvent incontrôlable et que le trouble commence en général dans l’enfance ou l’adolescence.
Elle est aussi fréquente. Aux États-Unis, environ 7,1 % des adultes ont eu un trouble d’anxiété sociale dans l’année, et environ 12,1 % en auront un au cours de leur vie. Pourtant, selon le résumé de la recommandation du NICE publié dans le BMJ, seule la moitié environ des personnes concernées cherche un traitement, souvent après 10 à 15 ans d’attente. Beaucoup pensent que c’est simplement leur caractère. Ce n’est pas figé, et ça répond bien au traitement.
Quel est le meilleur traitement de la phobie sociale ?
Le meilleur traitement de départ chez l’adulte est une thérapie cognitive et comportementale individuelle conçue spécifiquement pour l’anxiété sociale. La recommandation CG159 du NICE préconise une TCC individuelle développée pour ce trouble, fondée sur le modèle de Clark et Wells ou celui de Heimberg. Un programme Clark et Wells compte jusqu’à 14 séances de 90 minutes sur environ quatre mois.
Cette recommandation s’appuie sur une vaste méta-analyse en réseau de 101 essais et plus de 13 000 participants. La TCC individuelle avait le plus grand effet parmi les psychothérapies et faisait mieux que le placebo psychologique, la thérapie psychodynamique, la pleine conscience et la thérapie de soutien. Les auteurs la considèrent comme le meilleur traitement initial, les ISRS ayant les preuves les plus constantes pour les personnes qui refusent la thérapie.
En France, le guide de la HAS sur les troubles anxieux graves place aussi la TCC au centre du traitement de l’anxiété sociale (thérapie cognitive, exposition, affirmation de soi), avec en général 12 à 25 séances d’environ 45 minutes. Il note que TCC et médicaments ont montré la même efficacité en phase aiguë et que le choix dépend de tes préférences et de la disponibilité d’un thérapeute.
Dans un essai randomisé de thérapie cognitive pour l’anxiété sociale, 84 % des participants ne remplissaient plus les critères du trouble après le traitement, contre 0 % sur liste d’attente, et l’avantage sur le traitement de comparaison se maintenait à un an.
Les traitements de l’anxiété sociale comparés
Voici comment se comparent les principaux traitements de l’anxiété sociale, des preuves les plus solides aux moins solides. La plupart des adultes ont intérêt à commencer par une TCC individuelle conçue pour l’anxiété sociale. Si elle n’est pas disponible ou ne te convient pas, une auto-assistance accompagnée ou un ISRS sont des choix raisonnables, et tu peux les combiner plus tard.
| Option | De quoi il s’agit | Efficacité | Comment y accéder en France |
|---|---|---|---|
| TCC individuelle pour l’anxiété sociale | Jusqu’à 14 séances avec un thérapeute, selon le modèle de Clark et Wells (ou de Heimberg) | Meilleures preuves ; première intention selon le NICE et au centre du traitement pour la HAS | Psychologue formé à la TCC (annuaire de l’AFTCC), Mon soutien psy, CMP, psychiatre |
| Thérapie cognitive par internet | Le même traitement en modules en ligne, avec un thérapeute à distance | Aussi efficace que la thérapie en face à face sur le critère principal dans un essai de 2023, avec moins de la moitié du temps de thérapeute | Proposée par certains services ; renseigne-toi auprès de ton thérapeute |
| Auto-assistance accompagnée | Livre ou programme basé sur la TCC, avec de brefs points avec un professionnel | Mieux que d’attendre ; deuxième intention selon le NICE | Médecin traitant, psychologue via Mon soutien psy |
| Auto-assistance seule | Livre ou programme basé sur la TCC, sans accompagnement | Mieux que d’attendre, effet un peu plus faible qu’avec accompagnement | Livres et programmes basés sur la TCC |
| Médicament ISRS | Antidépresseur quotidien, le plus souvent escitalopram ou sertraline | Aide beaucoup de gens ; la revue Cochrane juge les preuves de qualité très faible à modérée | Prescrit par un médecin |
| Psychothérapie psychodynamique brève | Thérapie centrée sur la compréhension, adaptée à l’anxiété sociale | Efficace, mais moins que la TCC ; troisième intention selon le NICE | Psychothérapeute d’orientation psychodynamique |
Comment fonctionne une TCC pour la phobie sociale ?
Une TCC pour l’anxiété sociale casse la boucle qui entretient la peur : l’attention tournée vers soi, la protection par des comportements de sécurité, et la scène rejouée après coup. Concrètement, tu apprends à regarder vers l’extérieur, à lâcher tes protections et à vérifier tes peurs dans la réalité.
Le NICE en liste les étapes : informer sur l’anxiété sociale, expérimenter autour de l’attention centrée sur soi et des comportements de sécurité, utiliser la vidéo, s’entraîner à tourner l’attention vers l’extérieur, faire des expériences comportementales, travailler sur les souvenirs sociaux douloureux et les croyances de fond, changer les ruminations d’avant et d’après, et prévenir la rechute.
L’attention centrée sur soi
Quand tu es anxieux en société, ton attention bascule vers l’intérieur. Tu surveilles ton visage, ta voix, tes mains, et tu te sers de ces sensations pour deviner l’image que tu donnes. Les chercheurs à l’origine de ce traitement décrivent comment on juge son apparence à partir de ses sensations : si tu as chaud, tu supposes que tu es rouge vif. La solution consiste à s’entraîner à se concentrer sur l’extérieur, sur ce que l’autre dit et sur son expression, ce qui te donne de meilleures informations et laisse moins de place au commentaire intérieur.
Les comportements de sécurité, et pourquoi les lâcher aide
Les comportements de sécurité sont les petites choses que tu fais pour éviter la catastrophe redoutée : répéter tes phrases dans ta tête, éviter le regard, serrer ton verre pour que tes mains ne tremblent pas, poser plein de questions pour ne pas avoir à parler de toi.
Ils se retournent contre toi de deux façons : ils gardent ton attention sur toi, et quand rien de grave n’arrive, tu en attribues le mérite au comportement de sécurité au lieu d’apprendre que la situation n’était pas dangereuse. Une étude expérimentale a montré que les comportements de sécurité et l’attention centrée sur soi étaient néfastes de plusieurs façons, ce qui plaide pour les abandonner. En thérapie, on tient souvent une même conversation deux fois, une fois avec ses comportements de sécurité habituels et une fois sans, et l’expérience montre en général à quel point ces habitudes nourrissaient l’anxiété.
Expériences comportementales et exposition progressive
Une expérience comportementale est un test planifié d’une peur précise. Au lieu de « je vais être maladroit », tu écris « si je marque une pause au milieu d’une phrase, l’autre va détourner le regard ou rire », puis tu vas vérifier. L’exposition progressive consiste à organiser ces tests du plus facile au plus difficile. Le NIMH décrit l’exposition comme le fait d’affronter peu à peu les peurs à l’origine d’un trouble anxieux. Certaines expériences montrent volontairement le signe redouté, par exemple laisser une pause s’installer, pour tester à quel point les gens le remarquent vraiment.
Le retour vidéo
Le retour vidéo consiste à filmer une conversation, à prédire à quel point tu vas paraître anxieux, puis à la regarder comme si tu observais un inconnu. Dans les données d’une clinique, 98 % des patients ont trouvé qu’ils donnaient une meilleure image que prévu, et leur anxiété sociale a baissé la semaine suivante.
Tu peux essayer une version avec ton téléphone : enregistre-toi deux minutes en train de parler, note avant de 0 à 100 à quel point tu vas avoir l’air nerveux, puis regarde en jugeant uniquement ce que tu vois et entends. Ça marche mieux avec un thérapeute, qui peut t’empêcher de chercher tes défauts.
La rumination d’après-coup
C’est le film que tu te repasses après un moment en société, en revenant sur chaque pause et chaque moment gênant. Les psychologues parlent de traitement post-événement : revoir et reconstruire encore et encore sa performance, ce qui rend en général le souvenir plus négatif que la réalité. Ça peut aussi commencer avant l’événement. La TCC le traite comme une habitude à interrompre : quand tu te surprends à rejouer la scène, nomme-la (« c’est la rumination d’après-coup »), écris en deux lignes les faits de ce qui s’est passé et porte ton attention sur quelque chose de prenant.
Comment gérer l’anxiété sociale sur le moment ?
Tu ne peux pas éteindre l’anxiété sociale sur commande, mais tu peux arrêter de la nourrir : mets ton attention sur l’autre personne, lâche un comportement de sécurité et reste dans la situation au lieu de partir. C’est le fait de rester qui t’apprend que la situation est supportable.
Essaie ceci lors de ta prochaine conversation :
- Tourne-toi vers l’extérieur : qu’est-ce que cette personne raconte, et quelle question tu pourrais poser ensuite ?
- Lâche volontairement un comportement de sécurité, par exemple regarder l’autre dans les yeux ou dire une phrase que tu n’as pas répétée.
- Laisse les signes physiques exister. Un rougissement ou une voix qui tremble se voit en général moins qu’on ne le ressent.
Un mot sur la respiration. Respirer lentement avant un événement (par exemple inspirer sur 4 et expirer sur 6) peut faire retomber la tension, et le NHS cite les exercices de respiration parmi les mesures d’auto-assistance. Tout dépend de la façon dont tu t’en sers. Respirer avant, puis t’engager dans l’échange, c’est très bien. Si tu penses « je m’en suis sorti uniquement grâce à ma respiration », ou si tu comptes tes respirations en pleine conversation pour que personne ne remarque ton anxiété, c’est devenu un comportement de sécurité. Les chercheurs ne sont pas d’accord sur la nocivité des comportements de sécurité pendant l’exposition, et certains défendent un usage mesuré au début. Un juste milieu raisonnable : respire pour t’échauffer, puis teste les marches suivantes de ton échelle sans.
Comment vaincre la phobie sociale étape par étape : l’échelle d’exposition
Pour vaincre la phobie sociale, liste les situations redoutées de la plus facile à la plus difficile, note chacune de 0 à 100 selon l’anxiété attendue, puis monte une marche à la fois sans tes comportements de sécurité. Le NHS conseille lui aussi de découper les situations difficiles en étapes plus petites.
Un exemple d’échelle en 10 marches
Celle-ci est pensée pour quelqu’un qui a peur d’être jugé dans une conversation. La tienne sera différente.
- Demander à un employé de magasin où se trouve un produit, en le regardant pendant qu’il répond. (20)
- Dire « Merci, bonne journée » à la boulangerie et ajouter un mot sur la météo. (25)
- Appeler un commerce pour poser une question au lieu de chercher sur internet. (30)
- Demander à un collègue ou un voisin comment s’est passé son week-end, et relancer une fois. (40)
- Déjeuner seul dans un café animé sans regarder ton téléphone. (45)
- Rapporter un article en magasin et expliquer pourquoi. (50)
- Faire une remarque ou poser une question en réunion ou en cours. (60)
- Proposer un café à quelqu’un que tu connais un peu. (65)
- Aller à une soirée, rester au moins 45 minutes et lancer deux conversations. (75)
- Porter un toast ou faire une présentation de trois minutes. (90)
Comment la gravir
- Commence par une marche inconfortable mais faisable, souvent autour de 30 à 40.
- Avant chaque marche, liste les comportements de sécurité que tu utiliserais d’habitude, et lâches-en au moins un.
- Répète une marche plusieurs fois avant de monter.
- Si une marche est trop haute, coupe-la en deux : « approuver ce que dit quelqu’un » avant « faire une remarque en réunion ».
- L’anxiété qui monte avant une marche est normale, ce n’est pas un signe d’échec.
L’exercice « ce que je prévoyais, ce qui s’est passé »
Un simple relevé avant et après est l’un des outils d’auto-observation les plus utiles contre l’anxiété sociale. Avant une marche, écris ta prédiction redoutée en termes observables et à quel point tu y crois (de 0 à 100 %), ainsi que les comportements de sécurité que tu vas lâcher. Après, note ce qui s’est réellement passé, uniquement les faits, comme le ferait une caméra, puis note de nouveau ta conviction.
Un exemple rempli :
| Situation | Prédiction | Conviction avant | Ce qui s’est passé | Conviction après |
|---|---|---|---|---|
| Poser une question à la réunion d’équipe du mardi | Ma voix va trembler, les autres vont échanger des regards, et ma responsable va me trouver incompétent | 80 % | Ma voix était un peu instable sur les premiers mots. Deux personnes ont hoché la tête. Ma responsable a répondu et a dit que c’était une bonne remarque | 25 % |
Remplis « ce qui s’est passé » peu après, avant que la rumination d’après-coup ne réécrive le souvenir.
Peut-on s’en sortir seul, sans thérapie ?
Oui, beaucoup de gens progressent vraiment seuls avec une auto-assistance basée sur la TCC, même si elle marche un peu mieux avec un professionnel qui fait le point avec toi. Dans la méta-analyse en réseau sur laquelle s’appuie le NICE, l’auto-assistance, accompagnée ou non, faisait mieux que l’attente, avec un effet plus grand quand elle était accompagnée.
Le NICE propose une auto-assistance accompagnée aux adultes qui ne veulent pas de TCC individuelle : en général jusqu’à neuf séances autour d’un livre basé sur la TCC, sur trois à quatre mois, avec environ trois heures d’accompagnement professionnel au total. Si tu te lances seul, choisis un contenu basé sur la TCC de l’anxiété sociale et fais vraiment les exercices d’exposition au lieu de seulement les lire. Si tu évites encore des pans importants de ta vie après deux ou trois mois, fais appel à un professionnel. La HAS rappelle aussi l’intérêt de l’entraide : les associations d’entraide répertoriées par Psycom proposent des groupes de parole, comme Revivre France, qui organise aussi des ateliers d’affirmation de soi.
Les antidépresseurs (ISRS) aident-ils contre la phobie sociale ?
Oui, les ISRS aident beaucoup de personnes atteintes d’anxiété sociale et sont le médicament recommandé pour celles qui préfèrent un traitement médicamenteux. Le NICE propose l’escitalopram ou la sertraline, avec une surveillance attentive des effets indésirables. En France, la HAS cite en première intention les ISRS (paroxétine, escitalopram) ou la venlafaxine, plutôt pour les formes sévères.
Une revue Cochrane de 66 essais a trouvé que les ISRS amélioraient la réponse au traitement par rapport au placebo et étaient les seuls médicaments à avoir des preuves de réduction des rechutes, même si les auteurs jugeaient la qualité des preuves très faible à modérée. Plus de personnes arrêtaient les ISRS que le placebo, mais les taux d’abandon restaient bas en valeur absolue.
Les antidépresseurs peuvent mettre plusieurs semaines à agir, et la HAS demande d’attendre 12 semaines avant d’évaluer leur efficacité. Si les symptômes ne se sont que partiellement améliorés après 10 à 12 semaines d’ISRS, le NICE recommande d’ajouter une TCC individuelle. Le NIMH note aussi que les bêtabloquants sont parfois utilisés contre les symptômes physiques dans les situations de performance comme une prise de parole en public, et la HAS mentionne le propranolol de façon ponctuelle, par exemple pour un entretien d’embauche. Toute décision sur un médicament, y compris l’arrêt, se prend avec ton médecin.
Combien de temps pour sortir de la phobie sociale ?
Avec une TCC structurée, beaucoup de gens constatent un vrai changement en trois à quatre mois environ, la durée du programme standard de 14 séances au maximum. Le changement peut commencer plus tôt : dans les données d’une clinique, l’anxiété sociale a baissé dans la semaine suivant la séance de retour vidéo, qui arrive en général à la troisième séance.
L’auto-assistance accompagnée dure aussi trois à quatre mois, et un médicament demande plusieurs semaines. Sans traitement, l’anxiété sociale a tendance à durer : les auteurs de la méta-analyse en réseau la décrivent comme chronique et ne disparaissant pas d’elle-même.
Peut-on guérir de la phobie sociale ?
Beaucoup de gens guérissent complètement, au sens où ils ne remplissent plus les critères du trouble. Dans l’essai de thérapie cognitive cité plus haut, c’était le cas de 84 % des participants, et les résultats se maintenaient à un an.
Guérir ne veut pas dire ne plus jamais avoir le trac avant une grande présentation. Ça veut dire que le trac ne décide plus à ta place. C’est pour ça que le traitement se termine par la prévention de la rechute : une courte liste de ce qui t’a aidé, prête à servir si les anciens schémas reviennent.
Quand se faire aider pour une phobie sociale ?
Fais-toi aider si l’anxiété sociale t’empêche de travailler, d’étudier, de te faire des amis ou de faire des choses du quotidien, ou si l’auto-assistance n’a rien changé. En France, ton médecin traitant est un bon premier interlocuteur, mais tu peux aussi consulter directement un psychologue conventionné avec Mon soutien psy, sans ordonnance, avec jusqu’à 12 séances remboursées par année civile.
Les centres médico-psychologiques (CMP) proposent des consultations gratuites, et l’annuaire de l’AFTCC t’aide à trouver un thérapeute formé à la TCC. Bon à savoir : la première séance Mon soutien psy se fait obligatoirement en présentiel, ce qui peut demander un effort, mais certains psychologues proposent ensuite des séances à distance.
Fais-toi aussi aider si tu bois pour tenir en société ou si une humeur triste s’installe. L’anxiété sociale va souvent de pair avec la dépression et d’autres troubles anxieux. Si ça te parle, nos guides pour soigner une dépression et pour soigner l’anxiété plus largement peuvent t’aider.
Tu as le droit de dire qu’appeler ou venir en consultation est difficile pour toi. Le NICE demande aux services de faciliter les choses, par exemple en proposant un endroit à l’écart pour attendre.
Comment l’auto-observation aide à suivre tes progrès
L’auto-observation est un élément central de la TCC : noter ce que tu as fait, ce que tu prévoyais et ce que tu as ressenti transforme des impressions floues en données sur lesquelles agir. Les cliniciens expliquent qu’elle améliore la conscience de soi et oriente le travail à faire ensuite. Elle compte encore plus dans l’anxiété sociale, parce que la rumination d’après-coup déforme les souvenirs.
Moodflow n’est pas un traitement, mais certaines de ses fonctions collent bien à ce travail :
- Journal quotidien : garde tes relevés « ce que je prévoyais, ce qui s’est passé », en écrivant la prédiction avant et le résultat juste après.
- Check-in d’humeur : un geste sur une échelle de cinq niveaux, avec si tu veux des émotions et des notes, avant et après chaque marche de ton échelle.
- Analyses sociales : les Analyses montrent quelles personnes et quelles interactions sociales font monter ou baisser ton humeur (les corrélations détaillées sont dans Moodflow Plus). Tu découvriras peut-être que les situations redoutées te laissent souvent de meilleure humeur.
- Habitudes et défis de 28 jours : fais de « une marche de l’échelle par jour » une habitude, avec anneaux et séries.
- Respiration : Apaisement (inspire sur 4, expire sur 6) est un bon échauffement avant un événement. Utilise-le avant, pas comme un bouclier pendant.
- Apple Watch : note ton humeur depuis ton poignet juste après une conversation, avant que le film ne commence à tourner.
- Apple Health et Health Connect (facultatif) : vois si les nuits courtes coïncident avec des journées sociales plus difficiles.
Tes entrées restent sur ton téléphone. Tu peux essayer Moodflow gratuitement sur iPhone, Apple Watch et Android sur moodflow.co/fr.
Si tu es en crise
Si tu penses à te faire du mal ou si tu sens que tu ne peux pas rester en sécurité, appelle maintenant. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable 24 h/24 et 7 j/7. En Belgique, appelle le Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123, gratuit et 24 h/24. En Suisse, La Main Tendue répond au 143, de jour comme de nuit. Au Québec, appelle le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Ailleurs, findahelpline.com liste des lignes d’écoute gratuites par pays. En cas de danger immédiat, appelle le 15 ou le 112 (le 911 au Québec).
Frequently asked questions
Comment se débarrasser de la phobie sociale seul ?
Construis une petite échelle d’exposition de situations redoutées notées de 0 à 100 et commence autour de 30 à 40. Lâche un comportement de sécurité à chaque fois, et note ta prédiction et ce qui s’est vraiment passé. Un livre d’auto-assistance basé sur la TCC ajoute de la structure.
La phobie sociale, c’est la même chose que la timidité ?
Non. La timidité est un trait de tempérament qui s’atténue en général quand on se sent à l’aise. Le trouble d’anxiété sociale est une peur persistante du jugement qui entraîne de l’évitement et gêne le travail, les études ou les relations.
Les ISRS aident-ils contre l’anxiété sociale ?
Oui, pour beaucoup de gens. Le NICE propose l’escitalopram ou la sertraline aux adultes qui choisissent un médicament, et une revue Cochrane a trouvé que les ISRS faisaient mieux que le placebo pour la réponse au traitement et les rechutes. Ils mettent plusieurs semaines à agir ; parle des bénéfices et des effets indésirables avec ton médecin.
Combien de temps faut-il pour sortir de la phobie sociale ?
Un programme standard de TCC pour l’anxiété sociale dure environ trois à quatre mois, et certains changements peuvent apparaître dès les premières séances. Les progrès durables dépendent du fait de continuer les expériences et l’exposition après la fin du traitement.
Peut-on guérir complètement de la phobie sociale ?
Beaucoup de gens se rétablissent au point de ne plus remplir les critères du trouble ; dans un essai de thérapie cognitive, c’était le cas de 84 % des participants. Un peu de nervosité dans les moments à fort enjeu est normal et ne veut pas dire que le traitement a échoué.
Quel psy consulter pour une phobie sociale ?
Cherche un psychologue, un psychiatre ou un médecin formé à la TCC, par exemple via l’annuaire de l’AFTCC. En France, tu peux consulter directement un psychologue conventionné avec Mon soutien psy, et les CMP proposent des consultations gratuites.
La respiration aide-t-elle contre l’anxiété sociale ?
Respirer lentement avant un événement est un échauffement raisonnable. Si tu t’en sers pendant les conversations pour cacher ton anxiété, elle fonctionne comme un comportement de sécurité, alors essaie les marches suivantes de ton échelle sans elle.
Comment nous avons écrit ce guide : l’équipe Moodflow l’a construit à partir des recommandations cliniques (NICE, NHS, NIMH, OMS), des sources françaises (HAS, Assurance Maladie, Psycom, AFTCC) et des études publiées listées ci-dessous, en reliant chaque affirmation à sa source. Dernière relecture : novembre 2026. Il s’agit d’informations générales qui ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un professionnel de santé mentale.
Sources
- Social anxiety disorder: recognition, assessment and treatment (CG159), Recommendations. National Institute for Health and Care Excellence (NICE), 2013
- Recognition, assessment and treatment of social anxiety disorder: summary of NICE guidance. Pilling S, et al., BMJ, 2013
- Affections psychiatriques de longue durée : troubles anxieux graves (guide médecin). Haute Autorité de Santé (HAS), 2007
- Troubles anxieux et phobies. Psycom, mis à jour en 2026
- Mon soutien psy : trouver un psychologue conventionné. Assurance Maladie, consulté en 2026
- Centre médico-psychologique (CMP). Psycom, consulté en 2026
- Les associations d’entraide. Psycom, consulté en 2026
- Annuaire des thérapeutes. Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC), consulté en 2026
- Psychological and pharmacological interventions for social anxiety disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. Mayo-Wilson E, et al., Lancet Psychiatry, 2014
- Cognitive therapy versus exposure and applied relaxation in social phobia: a randomized controlled trial. Clark DM, et al., Journal of Consulting and Clinical Psychology, 2006
- More than doubling the clinical benefit of each hour of therapist time: a randomised controlled trial of internet cognitive therapy for social anxiety disorder. Clark DM, et al., Psychological Medicine, 2023
- Why social anxiety persists: an experimental investigation of the role of safety behaviours as a maintaining factor. McManus F, Sacadura C, Clark DM, Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 2008
- A demonstration of the efficacy of two of the components of cognitive therapy for social phobia. McManus F, et al., Journal of Anxiety Disorders, 2009
- Seeing is believing: using video feedback in cognitive therapy for social anxiety disorder. Warnock-Parkes E, et al., Cognitive and Behavioral Practice, 2017
- An analysis of post-event processing in social anxiety disorder. Brozovich F, Heimberg RG, Clinical Psychology Review, 2008
- Safety behaviour: a reconsideration. Rachman S, Radomsky AS, Shafran R, Behaviour Research and Therapy, 2008
- The effects of safety behaviors during exposure therapy for anxiety: critical analysis from an inhibitory learning perspective. Blakey SM, Abramowitz JS, Clinical Psychology Review, 2016
- Pharmacotherapy for social anxiety disorder. Williams T, et al., Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017
- Social anxiety. NHS
- Social anxiety disorder: more than just shyness. National Institute of Mental Health
- Social anxiety disorder statistics. National Institute of Mental Health
- Using self-monitoring: implementation of collaborative empiricism in cognitive-behavioral therapy. Cohen JS, et al., Cognitive and Behavioral Practice, 2013
- 3114, numéro national de prévention du suicide. 3114, consulté en 2026
À propos de Moodflow Team

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